Conservation d’archives et moisissures: des traitements particuliers

Le chaud ou le froid

 

Le procédé curatif contre l’infestation de moisissures sur des archives ou des livres peut être fondé sur le recours aux extrêmes de température. Cette approche se base sur les connaissances acquises dans la biologie de ces agents. Dans cette logique, l’on recourt soit à la congélation soit à la fumigation des ouvrages. La première méthode est réalisée dans un congélateur courant auquel on applique quelques modifications. A -18°C, les moisissures réagissent tandis que les insectes cellulophages sont instantanément tués avec leurs oeufs et leurs larves. Une armoire à autoclave dédiée est nécessaire pour réaliser la fumigation. Cette procédure recourt, en plus, à du thymol ou à l’extrême un gaz toxique. La présence d’un spécialiste est requise dans cette dernière option. Les effets limités du thymol justifient de plus en plus son remplacement par l’oxyde d’éthylène.

 

L’oxyde d’éthylène

 

Ce composé devient un grand explosif lorsque mélangé à l’air. Son utilisation se fait conséquemment dans une chambre à vide. Son principal avantage réside dans ses effets à large spectre sur toutes sortes de micro-organismes. Sur les ouvrages en particulier, le composé affiche un excellent taux de pénétration. Il ne faut pas perdre de vue ses inconvénients, plutôt majeurs. L’oxyde d’éthylène est mutagène et cancérigène. Polluant, son efficacité tient aussi grandement à sa forte toxicité. Les interventions recourant à ce produit doivent se dérouler dans un cadre strictement réglementé. Les types de supports à traiter par cette approche doivent également être bien sélectionnés. L’on épargne les documents dont la composition exacte n’est pas maîtrisée ainsi que les documents précieux type reliure à décors, photographies anciennes et parchemins. Un traitement à ce composé impose un nettoyage sous filtre immédiatement après pour préserver la santé des sujets manipulant les documents.

 

Les rayons gamma

 

L’irradiation est une façon de toucher le mal même dans les profondeurs qu’il incruste. Ce rayon arrive à pénétrer profondément étant donné son niveau élevé d’énergie. Les ouvrages à traiter contre les moisissures avec cette méthode doivent cependant être préalablement passés à 50°C durant 24 heures. Ce préliminaire est réalisé dans une atmosphère ayant au moins 95% de taux d’humidité. Une dose de 12kGy est nécessaire pour irradier complètement toutes les spores. Celles-ci restent viables avec une irradiation de 3kGy sans prétraitement. L’aspect assez impressionnant de ce scénario n’impacte pas sur la structure des documents traités, du moins pas mécaniquement parlant. La composition chimique variable des supports reste toutefois sujette à question. En particulier, les documents graphiques ne sont pas éligibles au traitement par cette méthode même en cas de forte infestation. Tous les traitements évoqués sont curatifs et n’intègrent pas des aspects préventifs contre de futures attaques. Le recours à l’un ou l’autre de ces traitements suit, par ailleurs, un protocole bien rodé. Prélèvement, mise en culture, constat de la présence de moisissure et bilan technique sont des préalables. L’on décide seulement après, en fonction des rayons touchés, de la mesure la plus adaptée.  

 

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