La contamination et la diffusion des moisissures

La sporulation, une phase essentielle à la diffusion

 

La diffusion des moisissures dans un espace donné passe par le développement d'une population apte à coloniser un substrat. A cet effet, les moisissures passent par une phase de multiplication dont la sporulation est le processus essentiel. D'origine sexuée ou asexuée, les spores consistent en des particules minuscules de 3 à 5 µm. Isolées du milieu ambiant par une enveloppe résistante, il s'agit d'unités bien vivantes et résistantes. Ce, alors même que leur métabolisme est réduit au minimum. Déshydratées,  elles migrent très aisément avec l'air qui circule. Le caractère redoutable de ces éléments vient du fait qu'ils sont produits à très grande échelle, plusieurs milliers en fonction des espèces. Leur longévité va de plusieurs mois à plusieurs années, ce qui explique que si rien n'est fait dans un milieu infesté, les moisissures ne disparaissent jamais d'elles-mêmes. Sur les supports infestés, il leur faut par contre attendre que l'environnement atteigne les conditions idéales. Là, les spores des moisissures germent et produisent du mycélium. Ce dernier crée une nouvelle génération de spores par milliers et ainsi de suite. La manière dont les spores formées s'organisent fait partie des moyens d'identification des espèces de moisissures.

 

La dispersion des moisissures

 

Les spores étant formées, il leur faut un mouvement minime pour se détacher du mycélium et suivre le courant d'air. Un frôlement ou un choc qui déstabilise le substrat est apte à les mobiliser. Il n'y a, à vrai dire, pas ou peu d'atmosphère qui ne contienne- pas ces petits éléments en suspension. Les espèces les plus fréquemment rencontrées étant Cladosporium et Aspergillus.  Un constat fait à l'occasion de plusieurs études montre en outre que les espèces qui colonisent les objets entreposés peuvent être d'une autre espèce que celles isolées dans l'air ambiant. L'espèce Penicillium et ses sous-espèces sont très denses dans l'air courant alors que les objets entreposés dans ces milieux contiennent plus souvent des spores issues d'autres catégories. On note que les murs, la peinture, les tentures, les tapis et les ouvrages sont de vrais lieux de prédilection pour ces agents. Selon la structure organisationnelle des spores – en fonction des espèces – ils sont plus ou moins difficiles à détacher de leur mycélium. Les plus récalcitrants se déplacent alors par le biais d'insectes ou de contact direct. C'est la raison pour laquelle il faut être prudent lors des déménagements.

 

La phase de sédimentation

 

La sédimentation désigne le moment de la dispersion où les spores colonisatrices prennent ancrage sur un nouveau substrat. Le mouvement de l'air et le niveau d'humidité du local détermine la vitesse à laquelle cette seconde phase se réalise. Plus l'atmosphère est calme, plus cette sédimentation est  rapide. D'où la nécessité de toujours aérer suffisamment lorsque l'on essaie de combattre la présence de moisissures.  Il est aussi utile de noter qu'une fois l'inoculum déposé sur une surface stable, sa présence n'est pas détectable par les techniques de recherche de moisissures dans l'air ambiant. Il se peut ainsi qu'un diagnostic négatif soit suivi d'infestation dès que les conditions de l'environnement le permettent. Cette infestation vient des spores sédimentées sur des substrats stables et non d'une erreur de diagnostic. Tous ces constats ont un poids non négligeable dans la conduite des mesures de lutte et de prévention contre les moisissures. 

 

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